Classement des économies africaines pour l'égalité des droits économiques entre hommes et femmes en 2026.

Quelle place occupe votre pays ?

C'est un classement qui dit beaucoup sur le chemin parcouru. Dans son édition 2026, la Banque mondiale évalue 190 économies à l'aune de leur cadre légal en matière de droits économiques des femmes. Sur les 54 pays africains passés au crible, le Togo se hisse à la deuxième place, derrière l'île Maurice (82,30) et devant la Côte d'Ivoire (78,25). Une performance d'autant plus notable que cette édition introduit une méthodologie plus exigeante : pour la première fois, le rapport ne se contente plus d'analyser les textes de loi, mais mesure aussi leur application concrète et les structures institutionnelles censées les faire vivre.

Des scores parfaits dans quatre domaines stratégiques

Sur le plan juridique, le Togo obtient la note maximale — 100 sur 100 — dans quatre domaines : la rémunération, le mariage, les actifs et la pension. La loi togolaise ne fait ainsi aucune distinction entre homme et femme sur ces questions fondamentales. À travail égal, salaire égal. Mêmes droits à la propriété, mêmes droits devant le mariage, mêmes droits à la retraite.

Le pays se distingue également par des dispositions ouvrant aux salariés la possibilité d'aménager leur temps de travail, une mesure encore rare en Afrique subsaharienne. Le rapport souligne aussi les progrès accomplis en matière de parentalité et d'entrepreneuriat féminin, portés par des réformes ciblées engagées ces dernières années dans le domaine de l'emploi et de la garde d'enfants.

Sur la liberté de mouvement des femmes — passeport, déplacements, choix du lieu de résidence —, le Togo affiche 75/100 en droit et 68,75/100 en effectivité réelle, dans une région où l'autorisation maritale reste souvent une réalité de fait.

L'application des droits, un chantier qui reste ouvert

Le tableau n'est pourtant pas sans zones d'ombre. Les cadres de soutien institutionnel ne récoltent que 31,95 sur 100, révélant des mécanismes d'accompagnement encore embryonnaires. Et les perceptions d'application des droits dans les faits plafonnent à 64,54 sur 100 : le signal que la loi et la réalité vécue ne se rejoignent pas encore pleinement.

La Cellule Climat des Affaires du Togo en convient elle-même, en appelant à « poursuivre les efforts visant à renforcer les mécanismes institutionnels d'accompagnement ». Le gouvernement réaffirme pour sa part son engagement à « consolider les acquis » et promet une participation accrue des femmes au développement économique national. Des intentions qui devront désormais se mesurer à l'aune du prochain classement.

CLASSEMENT #AFRICAIN — Women, Business and the Law 2026 (54 économies)

Source : Banque mondiale, rapport Women, Business and the Law 2026. Le Togo (surligné) figure à la 2e place.


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#Maurice : Santé privée : La Clinique Ferrière de Bon Secours certifiée « Made in Moris »

C’était lors d’une cérémonie officielle que la directrice générale, Stéphanie Raghoonauth, de la clinique curepipienne, a reçu le précieux certificat des mains du président de Made in Moris, Jean-Pierre Lim Kong.

Étaient présents pour l’occasion, parmi les invités, les ministres de la Santé, Anil Bachoo, et du Commerce, Michael Sik-Yuen, ainsi que la Junior Minister à la Santé, Anishta Babooram, et Dhaneshwar Bissonauth, maire de Curepipe. L’un des défis de la Clinique Ferrière de Bon Secours, a indiqué sa directrice générale, Stéphanie Raghoonauth, réside dans les ressources humaines. Mais cela constitue également l’une des caractéristiques de l’établissement, dont le personnel est composé principalement de Mauriciens.

Le ministre de la Santé, Anil Bachoo, s’est dit impressionné par le département des soins palliatifs de la clinique Ferrière du Bon Secours. « Je n’ai jamais vu un tel service ailleurs », a-t-il déclaré. Plaidant pour la reconnaissance de ces soins dans la prise en charge des patients, il a mis en exergue que la finalité de ce service ne consiste pas à marginaliser des patients, mais à leur offrir dignité, accompagnement et qualité de vie en fin de parcours.

Or, à Maurice, la tendance, d’après lui, reste encore trop souvent de renvoyer les patients chez eux sans prise en charge adaptée, alors même que la médecine ne peut plus rien faire pour eux. Le système de santé, a-t-il dit, doit aussi anticiper l’avenir, notamment face au vieillissement de la population et à la demande croissante en matière de prise en charge des personnes âgées.

Pour le ministre de la Santé, il est essentiel de s’assurer que les secteurs public et privé soient en mesure de fournir des services adéquats grâce à des ressources humaines formées et compétentes. De ce fait, l’accent doit être mis sur des soins de qualité, centrés sur le patient, tout en garantissant l’équité et l’accès aux services de santé pour tous les Mauriciens.

Il concède que le secteur privé joue un rôle important dans le système de santé, notamment en contribuant à l’élargissement des capacités de prise en charge et à la diversification des services. Cette contribution est précieuse, mais elle doit être guidée par des principes de transparence, de responsabilité et de qualité.

« Les secteurs public et privé doivent évoluer dans un système intégré, où ils se complètent plutôt qu’ils ne se concurrencent », dit-il.

Il estime que le secteur public continuera d’assumer son rôle structurel en identifiant les priorités nationales et en veillant à une couverture équilibrée des services de santé, tout en encourageant le privé à développer des services complémentaires.

Le label Made in Moris, a fait ressortir le ministre de la Santé, véhicule également un message fort : celui de la qualité, du professionnalisme et de l’expertise locale comme piliers du développement. Cette certification revêt une importance particulière, car elle traduit, a-t-il indiqué, la confiance qui demeure essentielle dans tout système de santé.

Le ministre Sik Yuen a salué la qualité et l’excellence des services offerts par la clinique curepipienne, qui se distingue par cette certification Made in Moris.


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#Cuivre : le paradoxe d’un marché sous tension sans envolée des prix

PT Freeport Indonesia cible une production de 700 millions de livres pour 2026, contre un objectif de 1 milliard de livres annoncé en début d’année. Communiqué la semaine dernière à la presse, ce changement de prévision, pour l’une des plus grandes mines de cuivre du monde, s’ajoute aux incertitudes sur une part significative de la production mondiale du métal rouge, menacée par la pénurie actuelle d’acide sulfurique. Des pressions sur l’offre qui ne se traduisent pas encore par une nouvelle flambée des prix du cuivre…

La réduction de l’objectif de production de Grasberg s’explique par des retards dans la montée en puissance du site, frappé en septembre 2025 par une coulée de boue meurtrière qui avait contraint à l'arrêt immédiat de l'extraction. La mine fonctionne depuis lors en deçà de ses capacités et la reprise totale attendue initialement fin 2027 est reportée à début 2028.

Ce nouveau retard s'inscrit dans un contexte d'offre déjà fragilisée par la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz au trafic de soufre. Les producteurs de cuivre qui utilisent cet intrant chimique pour extraire le métal des minerais oxydés représentent en effet environ 20 % de la production mondiale de cuivre. La RDC et la Zambie se voient ainsi priver d’une partie de leur approvisionnement en acide sulfurique de même que le Chili, leader mondial de la production de cuivre et dépendant des exportations chinoises, qui doit gérer les restrictions décidées par Pékin sur ses expéditions d’acide sulfurique.

Un marché essoufflé ?

Jusqu’ici, les perturbations annoncées au niveau de l’offre n'ont pourtant pas provoqué une nouvelle envolée des prix du cuivre. En janvier 2026, le métal rouge a brièvement franchi la barre des 14 000 dollars la tonne après avoir atteint pour la première fois le seuil de 12 000 dollars en décembre 2025. Ce sommet a été porté par les arrêts de production à Grasberg et à la mine congolaise Kamoa-Kakula d'Ivanhoe Mines, ainsi que par la ruée des opérateurs américains sur les stocks de cuivre raffiné avant d'éventuels droits de douane, et une forte composante spéculative.

Mais depuis fin février, début des premières frappes en Iran ayant entrainé la fermeture du détroit, les prix n'ont que peu évolué : le contrat pour livraison dans trois mois sur la bourse des métaux de Londres (LME), alors à 13 343 dollars la tonne, est passé à 13 573 dollars au 8 mai. Une évolution marginale, confortée par des fondamentaux du marché.

L'International Copper Study Group (ICSG) a certes revu à la baisse ses prévisions de croissance de la production minière mondiale pour 2026, de 2,3 % à 1,6 %. Mais l’organisation anticipe également un excédent d'environ 96 000 tonnes sur le marché mondial du cuivre raffiné cette année, là où elle prévoyait en octobre dernier un déficit de 150 000 tonnes. La guerre en Iran, qui affaiblit les perspectives économiques mondiales, a en effet conduit l'ICSG à réduire ses prévisions de croissance de la demande de 2,1 % à 1,6 %. La pression sur l'offre et la pression sur la demande se compensent ainsi mutuellement, limitant l’impact habituel des perturbations de la production sur les prix.

L'Afrique entre opportunité et vulnérabilité

Pour les producteurs africains, la situation actuelle du marché mondial du cuivre présente un caractère ambivalent. La Banque mondiale anticipe une hausse moyenne des prix du cuivre de 21 % en 2026 sur l'ensemble de l'année, un niveau annuel record, avant un repli d'environ 8 % en 2027 à mesure que les perturbations se résorbent. La RDC, premier producteur africain et la Zambie son dauphin, dont le cuivre représente environ 70 % des recettes d'exportation, se trouvent en première ligne pour capter les revenus supplémentaires liées à des prix élevés.

Mais la pénurie d'acide sulfurique illustre la limite de cet avantage. Les mines fonctionnant selon le procédé de lixiviation sont directement exposées aux ruptures d'approvisionnement. En cas de rupture, les revenus attendus de la hausse des prix ne feraient que compenser la baisse en volume de la production de cuivre. L’autre question est de savoir laquelle des deux pressions l'emportera : une offre durablement contrainte, ou une demande déprimée par un contexte géopolitique et économique dégradé.

Emiliano Tossou


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