À Kinshasa, #Visa a réuni, les 21 et 22 avril 2026, régulateurs, banques et acteurs du secteur financier autour d’un atelier consacré à « la conformité autrement », avec une ambition claire : faire évoluer la conformité d’une contrainte réglementaire vers un levier stratégique pour le système financier congolais.
Organisée en partenariat avec la Banque centrale du Congo (#BCC) et l’Association congolaise des banques (ACB), cette initiative intervient dans un contexte où la RDC demeure sur la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), signe de fragilités persistantes en matière de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme.
Pour Visa, l’enjeu est d’opérer un véritable changement de paradigme. « Il s’agit de faire évoluer durablement les pratiques et les mentalités en matière de conformité en RDC », explique Sophie Kafuti, directrice générale de Visa RDC.
Cette évolution passe notamment par une transition vers une conformité fondée sur les risques, intégrant davantage la donnée, l’analyse et les outils technologiques. L’objectif est aussi de réduire la dépendance au cash, encore dominant dans l’économie congolaise et peu traçable.
Visa défend une vision dans laquelle la conformité devient un facteur de compétitivité. « Une conformité robuste crée un cadre de confiance […] condition incontournable pour des relations financières durables », souligne l’entreprise.
Pour les banques, cela se traduit par une meilleure crédibilité auprès des investisseurs et des partenaires internationaux. Pour les consommateurs, par des paiements plus sécurisés. Et pour l’économie, par un environnement plus propice au développement du commerce électronique et des services digitaux.
Dans cette dynamique, Visa met en avant ses solutions basées sur la donnée, l’intelligence artificielle et l’analyse des transactions, permettant notamment la détection des fraudes en temps réel, l’identification des réseaux de « money mules » et une surveillance plus fine des flux financiers.
Investissement stratégique
L’entreprise s’appuie également sur son réseau mondial de paiements pour partager des typologies de fraude et des bonnes pratiques adaptées aux marchés émergents. Un protocole de coopération avec la BCC prévoit par ailleurs des formations, un transfert de compétences et un accompagnement technique des institutions financières.
Du côté des banques, cette évolution est perçue comme nécessaire. « La conformité doit être perçue comme un investissement stratégique », estime Jolie Mbala, présidente de la commission conformité de l’ACB. À en croire la directrice de la conformité d’Ecobank RDC, bien intégrées, la conformité, l’inclusion financière et la croissance du secteur bancaire se renforcent mutuellement et contribuent au développement durable du système financier.
Les établissements doivent néanmoins composer avec plusieurs contraintes structurelles : prédominance du cash, faible fiabilité des données clients ou encore inadéquation entre certaines normes internationales et les réalités locales. En outre, la digitalisation, présentée comme un levier de conformité, s’accompagne aussi de nouveaux risques : fraudes numériques, crypto-actifs ou multiplication des transactions à faible montant mais à forte fréquence.
Pour Visa, la réponse passe par une approche combinée : anticiper les nouvelles menaces, renforcer les capacités de détection et améliorer la coopération entre acteurs publics et privés.
Au-delà de l’atelier, l’objectif est de structurer une dynamique de long terme. « La conformité ne peut pas être efficace si elle repose uniquement sur des textes […] elle doit être intégrée à la stratégie des institutions », insiste Sophie Kafuti.
Dans un pays où la modernisation du système financier est encore en cours, cette transformation apparaît comme une condition clé pour renforcer la stabilité, attirer les investissements et accompagner la montée des paiements digitaux.
Pierre Mukoko à #Kinshasa
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