Sud-Kivu : massacres de bétail et déportations forcées, Kinshasa accuse le M23-RDF d’une stratégie d’extermination à #Minembwe.
Selon le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi Sadiki, les rebelles auraient procédé à des massacres massifs de bétail appartenant aux communautés banyamulenge dans plusieurs zones, notamment à Bijombo, Mukenke et Minembwe.
Cette pratique s’inscrirait dans une tactique destinée à priver les populations de leurs moyens de subsistance afin de les contraindre à suivre les groupes armés.
« Plus de 90 % des vaches de nos communautés ont été abattues, voire fusillées. Le but est de terroriser la population pour la forcer à suivre les rebelles dans une logique de déportation », a déclaré le gouverneur lors d’un briefing de presse coanimé avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, le jeudi 2 avril à Kinshasa.
Les autorités provinciales dénoncent des actes assimilables à une stratégie d’extermination économique et sociale, visant des civils sans défense. Elles insistent sur le fait que les communautés banyamulenge concernées revendiquent leur appartenance à la République démocratique du Congo et leur volonté de vivre en paix, loin de toute implication dans des groupes armés.
De son côté, le gouvernement congolais alerte sur une intensification des violences et évoque des déplacements forcés de populations vers des zones sous contrôle rebelle, notamment Campagnola et Bouaffou.
« Les populations nous ont contactés toute la nuit, affirmant être contraintes, arme à la main, de suivre les rebelles. Nous continuons d’alerter la communauté internationale sur ces abus malgré les engagements de paix signés », a indiqué Patrick Muyaya.
Par ailleurs, plusieurs organisations de défense des droits humains, dont Human Rights Watch, ont documenté des exactions graves dans la région. Dans un rapport détaillé, l’ONG évoque l’implication de groupes armés alliés au Rwanda, notamment des milices burundaises telles que les FNL et Red Tabara.
Le document fait également état de la découverte de fosses communes. Selon les autorités provinciales, au moins trois fosses contenant plus de 200 corps auraient été identifiées. D’autres sources, dont l’organisation Rights Watch, évoquent l’existence de plusieurs dizaines de fosses dans différentes zones occupées par les rebelles, notamment à Lemera, Sange et Burungu.
Pour le gouverneur du Sud-Kivu, ces violences s’inscrivent dans une stratégie coordonnée visant à déplacer les populations et à dissimuler les crimes de masse.
« Ces groupes armés cherchent à contraindre les populations à quitter Minembwe et à faire porter la responsabilité des exactions sur les communautés locales », a-t-il alerté.
Plusieurs quartiers, notamment Kimanga, Kavimvira et Kalundu, auraient déjà été touchés par ces déplacements forcés. Le gouvernement congolais appelle la communauté internationale à diligenter des enquêtes indépendantes, à renforcer la protection des civils et à apporter une assistance humanitaire urgente aux populations affectées.
Face à la gravité des accusations, Kinshasa redoute une aggravation de la crise humanitaire dans cette partie du pays, sur fond de tensions persistantes dans l’est de la RDC.
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