L’Afrique du Sud sombre dans la xénophobie anti-africaine. Depuis plusieurs semaines, les manifestations se succèdent en #Afrique du Sud drainant des milliers de personnes dans les rues avec des slogans #xénophobes, anti-noirs. “Le cœur des manifestations est dans la province du Kwazulu-Natal, surtout dans la ville de #Durban”, explique John Basson, avocat installé dans le nord de Johannesbourg mais originaire de la côte orientale sud-africaine.
Les migrants africains, illégaux ou non, sont devenus les boucs émissaires de la crise sociale qui secoue l’Afrique du Sud.
Le chômage dépasse allègrement les 30 % sur l’ensemble du territoire et même 60 % chez les jeunes. L’ANC, le parti de Nelson Mandela, est pointé du doigt pour sa politique sociale erratique, voire inexistante. Le parti, qui a régné sans partage depuis la fin de l’apartheid, a perdu sa majorité absolue lors des dernières élections générales et a dû se résoudre à accepter un partage du pouvoir avec l’Alliance démocratique (DA), étiquetée libéral.
Racisme anti-noir
La situation sociale continue de se détériorer. Un peu plus de 30 ans après la fin de l’apartheid et l’arrivée au pouvoir du symbole Nelson Mandela, le flot des investissements, venus d’Afrique et de nombreux États du monde, s’est tari. Le pays a perdu de son attractivité. En cause, surtout, la mégestion des héritiers de Mandela au sein de l’ANC.
“Accuser les migrants de tous les maux n’est pas une spécificité sud-africaine”, explique maître Basson. “On voit beaucoup de situations similaires en Europe ou aux États-Unis. Ce qui est marquant chez nous, c’est que les manifestants, très nationalistes et essentiellement de l’ethnie zouloue, accusent les migrants africains qui ont désormais remplacé les blancs dans leurs critiques.”
Scrutin local
En novembre prochain, des élections municipales sont prévues en Afrique du Sud. L’ANC tremble sur ses bases et le président de la République Cyril Ramaphosa, issu de ce parti et lui-même menacé dans une affaire de gros sous, sait que ce scrutin peut lui coûter très cher. Après des semaines de manifestations contre les étrangers africains, M. Ramaphosa a finalement condamné cette xénophobie “qui n’a pas sa place dans notre pays”.
Une sortie très tardive et généralement jugée inconsistante face à l’ampleur de la crise et la violence de certaines manifestations qui se sont terminées par des ratonnades publiques contre des migrants, tous Africains.
Cyril Ramaphosa sait que nombre de ses électeurs, frappés par la crise économique, sont alignés sur les manifestants. Oser les condamner plus directement, c’est jeter ces électeurs dans les bras des partis extrémistes qui soufflent sur cette colère. Le parti communiste sud-africain, allié habituel de l’ANC, a déjà annoncé la rupture de cette alliance historique pour ce scrutin local.
“L’image flétrit”
Le Nigeria et le Ghana sont les seuls pays africains qui, jusqu’ici, ont osé élever la voix contre le grand frère sud-africain, puissance économique majeure du continent et symbole d’une certaine Afrique.
Beaucoup de pays, avec une forte colonie en Afrique du Sud, préfèrent se taire parce qu’ils dépendent de la puissance économique de cet État. C’est notamment le cas du Zimbabwe voisin qui compte entre 1 et 3 millions de ressortissants installés en Afrique du Sud. Ces Zimbabwéens ont fui leur pays pour tenter de trouver un nouvel horizon économique. Des migrants dont le retour n’est pas souhaité.
“L’Afrique du Sud reste un exemple pour beaucoup d’Africains. Pour les pouvoirs en place sur le continent, il est encore difficile de critiquer le pays de Mandela, mais son image flétrit”, reconnaît l’avocat sud-africain.
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