Comment Joseph Kabila manœuvre pour prendre la tête politique de l’agression AFC/M23

Le rapport de l'ONU documente un remaniement de l'AFC/M23 avec Joseph Kabila « pressenti pour un rôle de premier plan », et Nangaa prêt à lui céder la place. Comment l'ancien président devient le visage politique de l'agression rwandaise

Ce que documente le rapport de l’ONU

1. Un remaniement en vue : l’AFC/M23 se réorganise, jusqu’à un possible changement de nom, avec Joseph Kabila « pressenti pour un rôle de premier plan ».
Le commandement reste rwandais : le général Sultani Makenga garde la direction militaire mais sa position est de plus en plus contestée, tandis que James Kabarebe assure la liaison entre Kigali, le mouvement et Kabila lors de réunions à Gisenyi.
La ligne de fracture : Nangaa et Kabila visent la prise du pouvoir à Kinshasa, quand la majorité des chefs militaires du M23 s’y opposent et veulent d’abord consolider les Kivus.

La stratégie de Kabila n’est pas militaire, elle est politique, et c’est précisément ce qui en fait la valeur pour Kigali. Le M23 est un instrument efficace sur le terrain mais illégitime aux yeux du pays, un mouvement que les experts de l’ONU rattachent au commandement rwandais. Lui apporter un ancien président congolais, c’est lui offrir un visage, un réseau et un discours qu’aucun chef de guerre ne peut fournir. C’est ce que le dernier rapport onusien appelle la « congolisation » du mouvement autour de Kabila : pendant que Kigali le commande militairement, un homme du sérail congolais lui donne une façade nationale. Kabila ne prend pas les armes, il prend la parole, et cette parole vaut, pour l’agression, plus qu’un bataillon.

Un adoubement qui vient de Kigali

Ce repositionnement ne se décide pas seul, et le rapport des experts en dit la mécanique. James Kabarebe, l’homme fort rwandais du dossier, est décrit comme la principale courroie entre le Rwanda, le mouvement et Kabila, au fil de réunions tenues à Gisenyi, de l’autre côté de la frontière. Autrement dit, la montée en puissance de l’ancien président ne se joue pas dans les collines du Kivu mais dans les salons rwandais, et l’on ne devient pas la figure politique de l’AFC/M23 sans l’aval de celui qui l’arme. C’est la limite de la manœuvre : Kabila gagne une stature, il perd une autonomie, et il apparaît prisonnier des mots de Paul Kagame.

L’objectif, lui, n’est plus caché. Les experts de l’ONU décrivent un projet à trois, l’AFC/M23, Kabila et Kigali, dont l’horizon est de renverser le pouvoir de Félix Tshisekedi. Mais ce projet bute sur la même faille qui traverse tout le mouvement : Nangaa et Kabila rêvent de Kinshasa, quand l’essentiel des cadres militaires du M23 refusent d’aller au-delà du Nord et du Sud-Kivu. La prise de pouvoir par la marche armée reste donc une ambition de dirigeants politiques, pas une stratégie partagée par les hommes de terrain. D’où une seconde voie, plus réaliste pour Kabila : se rendre indispensable pour peser sur le dialogue national, et transformer une force d’occupation en carte de négociation.

Un retour au pouvoir par la porte de l’occupation

Le pari est risqué, et il a un coût. En s’affichant au cœur d’un mouvement que Kinshasa qualifie d’agression téléguidée par le Rwanda, Kabila s’est mis au ban : la justice congolaise l’a condamné, la trahison est le mot qui revient, et il ne peut plus rentrer autrement qu’en vainqueur ou en négociateur. Son retour éventuel au premier plan ne passe plus par les urnes qu’il a quittées, mais par la force qui occupe une part du territoire. C’est là toute l’ambiguïté de sa manœuvre : redevenir un acteur central de la vie congolaise en s’adossant à ce que l’État considère comme l’ennemi.


View 105 times

#RDC: Le nouveau Palais de justice de Lubumbashi, au Haut-Katanga, dans le sud-est de la République démocratique du Congo (RDC), a été inauguré samedi par le Président de la République, Félix Tshisekedi, lors d'une cérémonie.

Après la coupure du ruban symbolique, le Chef de l’État a visité l'intérieur de ce bâtiment en compagnie du gouverneur intérimaire du Haut-Katanga, Martin Kazembe et des autorités judiciaires, selon un reporter.

Ce nouveau palais de justice comprend 43 bureaux administratifs, trois salles d'audience d'une capacité de 110 places assises chacune, une salle de conférence, une salle des sports et d'autres salles de réunion pouvant accueillir 40 personnes.

L'ouvrage construit en l'espace de deux ans, sur ordre du Président de la République, s'inscrit dans le processus de modernisation de la justice congolaise et du renforcement de l'État de droit en RDC.


View 126 times

#RDC : Le tribunal militaire de Ngaliema met l’affaire Rebo Tchulo en délibéré

Le tribunal militaire de garnison de Ngaliema s’est déclaré "suffisamment éclairé" et a clos les débats dans le dossier de la chanteuse congolaise Deborah Mulanga, alias Rebo Tchulo, lors d’une audience tenue jeudi à Kinshasa.

« Le tribunal est suffisamment éclairé sur l’ensemble des éléments. La conclusion découlera des procès-verbaux, des autres pièces du dossier ainsi que des éléments recueillis au cours de l’instruction », a déclaré le capitaine Guy Kwesh, président du tribunal.

Le magistrat a ajouté : « Pour le tribunal, ça suffit. Les autres considérations sur ce qui a été dit sur les relevés téléphoniques feront partie des conclusions. Le tribunal a compris beaucoup d’éléments sur tout ce qui a été dit ».

Poursuivie par le parquet militaire, Rebo Tchulo est accusée d’« incitation des militaires à commettre des actes contraires à la loi et à la discipline des Forces armées de la #RDC (FARDC) ».


View 134 times

Le mouvement anti-immigrés continue de faire des victimes en Afrique du Sud. Le boxeur congolais Roméo Katompa, surnommé « Bololo », est décédé dans la nuit du 16 au 17 juillet 2026 après avoir été brûlé vif lors d'une attaque survenue à Johannesburg.

Selon les premières informations, ce drame serait lié à une nouvelle vague de violences ciblant des ressortissants étrangers, dans un contexte de recrudescence des actes xénophobes dans plusieurs localités sud-africaines.
Installé en Afrique du Sud depuis plusieurs années, Roméo Katompa y avait fondé une famille. Marié à une Sud-Africaine et père d'un enfant, il était bien connu au sein de la communauté congolaise, où sa disparition suscite une vive émotion.

Sur le plan sportif, il avait également marqué le monde de la boxe en tant que sparring-partner de Junior Makabu, ancien champion du monde WBC des poids lourds-légers.
Ce nouveau drame relance les préoccupations sur la sécurité des migrants en Afrique du Sud, où les violences à caractère xénophobe continuent de faire des victimes parmi les ressortissants étrangers. Les circonstances exactes de l'attaque font toujours l'objet d'investigations de la part des autorités sud-africaines.


View 169 times

#RDC : Le prix du baril de pétrole, un des produits d’exportation de la République démocratique du Congo (RDC), a été négocié à 71,8 dollars américains (USD) sur les marchés internationaux, au 2 juillet 2026, contre 75,5 USD la semaine précédente, soit une baisse hebdomadaire de 4,9%, selon un communiqué consulté dimanche.

« Au 2 juillet 2026, le cours du pétrole brut s’est établi à 71,8 USD le baril, en recul de 4,9 % par rapport à la semaine précédente », a-t-on lu dans la note de conjoncture économique de la Banque centrale du Congo (BCC).


View 186 times

L’usage abusif d'une vidéo attribuée à #France 24 a été dénoncé, mercredi, par le gouvernement provincial du Sud-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo, informant que cette vidéo est actuellement utilisée pour faire croire qu'elle illustre la situation sécuritaire qui prévaut dans le territoire de Fizi, selon un communiqué.

« Après vérification, il ressort qu'il s'agit d'un ancien reportage de France 24, diffusé le 4 février 2026, montrant un afflux de blessés à l'Hôpital Général de Référence de Fizi dans un contexte bien différent de celui d'aujourd'hui. Son recyclage, en dehors de tout contexte, participe à une campagne de désinformation destinée à manipuler l'opinion publique et à accréditer, à tort, la thèse selon laquelle les groupes armés AFC/M23/RDF, Twirwaneho et Red Tabara seraient en position de force dans cette partie de la Province », a-t-on lu dans ce communiqué, signé par le porte-parole du gouvernement provincial du Sud-Kivu, Me Didier Luganywa Bashizi.

Il dénonce ainsi, cette entreprise de manipulation de l'information, qui s'inscrit, selon le document, « dans une stratégie de guerre psychologique visant à semer la peur parmi les populations, à démoraliser les Forces de défense et de sécurité ainsi qu'à discréditer les efforts consentis par les autorités pour restaurer durablement la paix ».

Le gouvernement provincial du Sud-Kivu tient à rassurer la population que les Forces armées de la République démocratique du #Congo (#FARDC), avec l'appui des services de sécurité, poursuivent avec professionnalisme et détermination leurs opérations contre les groupes armés.


View 200 times

#RDC : le commandant de la Police nationale congolaise (#PNC) ville de #Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), a mis en garde ses troupes contre l’indiscipline dans l’encadrement des manifestations publiques, lors d’une réunion tenue mardi au commissariat provincial, selon un communiqué.

"Au cours de la réunion de commandement consacrée aux dispositifs sécuritaires liés à l’encadrement des manifestations publiques prévues par l’opposition congolaise, le commissaire provincial de la PNC ville de Kinshasa, Israël Kantu, a mis en garde ses troupes contre l’indiscipline dans leur encadrement", a-t-on lu dans le communiqué du Commissariat provincial.


View 209 times

#RDC : privilégier une mesure réglementaire au lieu d'une loi sur le projet Grand Inga a été recommandé au Parlement congolais, par une coalition d'associations de la société civile, vendredi à Kinshasa lors d'une conférence de presse sur les questions énergétiques liées à ce grand projet en République démocratique du Congo (RDC).

« Pour les organisations de la société civile, si le Parlement tient à ce projet de loi sur le projet Grand Inga, notamment pour quelques points positifs identifiés çà et là, les OSC lui recommandent d'en faire plutôt une mesure réglementaire », a déclaré Justin Mobomi, chargé de plaidoyer de la Coalition des organisations de la société civile pour le suivi des réformes et de l'action publique (#Corap).

Selon lui, il existe déjà une loi qui régit le secteur de l'électricité en RDC et qui vient d'être révisée en février 2025.


View 228 times

#Coupedumonde2026 : Félix Tshisekedi salue le parcours des Léopards après leur élimination face à l’Angleterre

Après leur défaite sur le score de (2-1) face aux Three Lions d’Angleterre, le Président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a adressé ses sincères félicitations aux Léopards de la RDC, dont le parcours à la 23ᵉ édition de la Coupe du monde FIFA 2026 s’est achevé ce soir à Atlanta.

Le Chef de l’État a rendu hommage aux Fauves congolais, saluant une équipe qui a fait preuve de « discipline, de courage et d’intelligence, en jouant sans complexe », conformément à l’appel qu’il leur avait lancé lors de son discours à l’occasion de la célébration du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la RDC.

Il a, par ailleurs, exhorté le peuple congolais, dans le pays comme dans la diaspora, à être fier de son équipe nationale, qui a porté haut les couleurs de la RDC et écrit, selon lui, l’une des plus belles pages de l’histoire du football congolais.


View 236 times

#Désintox : non, la loi sur le référendum n’accorde pas de troisième mandat à Tshisekedi. On vous explique!

Verdict : trompeur. La loi adoptée le 16 juin ne contient ni le mot « mandat présidentiel » ni aucune disposition prolongeant le bail de Félix Tshisekedi. Mais elle crée un mécanisme, l’Assemblée constituante validée par référendum, dont les opposants et l’épiscopat estiment qu’il peut contourner le verrou constitutionnel qui limite les mandats. Le danger dénoncé n’est pas dans le texte ; il est dans l’usage qu’on peut en faire.

Ce que dit le texte, d’abord. La loi fixant les conditions d’organisation des référendums remplace celle de 2005. Son article 6 reprend explicitement les articles 219 et 220 de la Constitution et les qualifie d’intangibles. Or l’article 220 protège, parmi d’autres principes, « le nombre et la durée des mandats du président de la République ». Sur le papier, la loi ne touche donc pas à la règle des deux mandats. Son auteur, le député Paul-Gaspard Ngondankoy, le martèle : « La rigidité de la Constitution ne signifie pas l’éternité de ses dispositions. » Selon lui, le texte se borne à organiser une procédure déjà prévue par la Constitution.

Ce que le texte rend possible, ensuite. Les articles 86 à 90 instaurent une voie nouvelle. En cas de « dysfonctionnement majeur », le président peut convoquer une Assemblée constituante élue au suffrage universel, chargée de rédiger une nouvelle Loi fondamentale soumise au peuple par référendum. La nuance est juridique mais lourde. L’article 220 interdit de « réviser » la durée des mandats. Il ne dit rien d’une Constitution entièrement nouvelle, qui remettrait les compteurs à zéro. C’est sur cette brèche que se concentre la contestation.

L’opposition y voit une manœuvre. « Le régime de Monsieur Félix Tshisekedi ne propose pas une réforme : il organise un coup d’État institutionnel », a déclaré le parti Ensemble pour la République le 8 mai. La Conférence épiscopale nationale du Congo a, le 20 juin, jugé la nation « en péril ». Son secrétaire général, Mgr Donatien Nshole, a pour sa part recommandé « au Parlement d’examiner des propositions d’amendements conformément au prescrit de la Constitution ».

Reste l’argument du contexte. Début mai, interrogé sur l’hypothèse d’un nouveau bail, Tshisekedi n’avait pas fermé la porte, renvoyant la décision au « peuple ». Aucun calendrier référendaire n’est pourtant arrêté, et le chef de l’État n’a, à ce jour, déposé aucun projet de nouvelle Constitution. Affirmer que la loi « accorde » un troisième mandat est faux : aucune ligne du texte ne le prévoit. Affirmer qu’elle « n’a rien à voir » avec cette question l’est tout autant : la mécanique qu’elle installe est précisément celle par laquelle un dépassement deviendrait juridiquement envisageable. Entre les deux, la vérité est une question d’intention politique, que le texte seul ne permet pas de trancher. Pour aller plus loin, lire notre décryptage : peut-on changer la Constitution quand le pays est en guerre ?


View 264 times