#RDC : le #PAM sollicite 270 millions $ pour une assistance alimentaire aux déplacés atteints de la « faim aiguë »
Les miliciens de la Convention pour la Révolution populaire (CRP) de Thomas Lubanga, au nombre de 60, se sont rendus aux Forces armées de la République démocratique du Congo dans la chefferie des Bahema-Banywagi, en territoire de Djugu, au littoral du lac Albert (Ituri), le mardi 05 août 2025.
Le porte-parole de l'armée en Ituri qui a rapporté la nouvelle à la presse, souligne que cette reddition fait suite à la pression militaire exercée sur ces hors-la-loi. Ils ont été présentés au commandant secteur opérationnel Ituri, ajoute la même source.
" Les Forces armées de la République démocratique du Congo viennent d'appuyer sur l'accélérateur opérationnel. La pression militaire exercée par les forces armées contre les groupes armés hostiles au processus, voici les fruits : plus de 60 éléments de CRP rendus. Ils se sont rendus aux forces armées. Nous disons que cette pression va continuer ", a déclaré le lieutenant Jules Ngongo, dans une communication à la presse, le même mardi.
L'armée appelle les autres miliciens CRP à se rendre pour "sauver leurs vies".
"Nous appelons les autres à ne pas hésiter, à sauver leurs vies, à quitter la brousse et à se rendre aux forces armées pour avoir la vie sauve. Et plus rien ne sera comme auparavant, quoi qu'il en soit, quoi qu'il en coûte, les forces armées vont imposer la paix et restaurer l'autorité de l'État sur toute l'étendue de la province de l'Ituri. Ils seront pris en charge par l'État congolais. D'ailleurs, c'est ce qui nous a été recommandé par le droit international humanitaire. Nous, en tant qu'une armée professionnelle, nous allons les prendre en charge tout en respectant le droit international humanitaire", a lancé le communicateur des #FARDC en Ituri.
Cette reddition intervient dans un contexte où ces miliciens ont subi un revers dans les localités longeant la route nationale numéro 27, après des opérations menées par les forces armées.
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La République démocratique du Congo et la République du Rwanda poursuivent leur processus de normalisation et de renforcement de leur coopération dans plusieurs secteurs, en vue de garantir la paix dans la région des Grands Lacs, sous la médiation des États-Unis d’Amérique.
Dans l’énoncé de principes du Cadre d’intégration économique régionale (CIER) rendu public par le Département d’État américain, les deux pays se sont engagés à garantir une transparence totale dans l’approvisionnement en minerais dans la région.
« Les deux Participants ont l’intention d’œuvrer dans leur pays respectif, et en collaboration l’un avec l’autre, afin d’assurer un approvisionnement constant et transparent des marchés internationaux en minerais », peut-on lire dans ce document consulté par la rédaction de BETO.CD.
Kinshasa et Kigali se sont également engagés à coopérer pour s’assurer que le commerce des minerais ne serve plus à financer les groupes armés. Ils visent à bâtir un secteur minier industriel de classe mondiale, de la mine à l’utilisateur final, apportant une réelle valeur ajoutée aux deux pays et renforçant la réputation du secteur.
Kinshasa immobilier
« Les Participants s’engagent également à formaliser l’exploitation minière artisanale et à petite échelle, à développer de nouvelles sources de revenus et à entreprendre des initiatives conjointes pour renforcer la transparence et lutter contre la corruption ainsi que le commerce illicite, notamment en améliorant la traçabilité et les normes professionnelles », indique le document.
Ces engagements visent à créer des conditions favorables à l’investissement des grandes entreprises mondiales d’extraction et de transformation dans la région. Les deux pays ont également exprimé leur volonté de renforcer l’interopérabilité transfrontalière, notamment à travers une meilleure gestion des frontières, et de promouvoir un partage équitable des bénéfices, notamment par des initiatives de développement industriel.
Selon le Département d’État américain, ce Cadre d’intégration économique régionale incarne une vision commune pour relever les défis persistants dans la région des Grands Lacs et promouvoir une prospérité partagée. Il couvre plusieurs domaines : énergie, infrastructures, chaîne d’approvisionnement des minerais, gestion des parcs nationaux, santé publique, avec la possibilité d’en étendre la portée.
Ce Cadre s’inscrit dans l’esprit de la Déclaration de principes signée en avril 2025 entre le Rwanda et la RDC, ainsi que de l’accord de paix conclu en juin de la même année.
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Le procès de l'ancien président de la République et sénateur à vie, Joseph Kabila, s'ouvre ce vendredi devant la Haute Cour #militaire à Kinshasa.
Cette annonce, faite ce jeudi 24 juillet 2025 par la cellule de communication de cette juridiction, fait suite à la levée de son immunité parlementaire par le Sénat, ouvrant ainsi la voie à des poursuites judiciaires contre le prédécesseur de Félix Tshisekedi.
La décision de lever l'immunité de Joseph Kabila a été prise par le Sénat congolais lors d'un vote à bulletin secret tenu dans la soirée du jeudi 22 mai dernier. Le vote, largement en faveur de la levée (88 voix pour, 5 contre), a validé la demande de l'Auditeur général des Forces Armées de la RDC.
Les accusations portées contre Joseph Kabila par les autorités congolaises, notamment le président Félix Tshisekedi, sont graves et concernent des allégations de "trahison, crimes de guerre, et crimes contre l'humanité" en lien avec le soutien présumé au groupe rebelle M23 dans l'Est du pays.
Les proches de l'ancien chef de l'État, notamment les cadres de sa famille politique, ont toujours rejeté toutes ces accusations, les qualifiant de "manœuvres politiques" et de "théâtre" visant à discréditer leur autorité morale et à détourner l'attention de véritables problèmes du pays.
Merveil Molo
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#Lubumbashi : 3 présumés criminels recherchés par la police, la mairie appelle les habitants à collaborer.
«Pour les nécessités d'enquête, la police nationale congolaise, ville de Lubumbashi, recherche activement les personnes dont les photos apparaissent ci-dessous, auteurs présumés de braquages et meurtres en bandes organisées. Toute personne pouvant les identifier afin de les localiser est priée de joindre la police», peut-on lire dans le communiqué.
Le maire lance un appel à la population pour soutenir les forces de l’ordre dans cette traque. Un numéro vert (0900220002) a été mis à disposition pour signaler toute information utile. Patrick Kafwimbi promet également une récompense conséquente à toute personne qui permettra l’arrestation de ces individus.
Cette alerte intervient après une série d’attaques violentes enregistrées au cours de la semaine, notamment entre le lundi 7 et le vendredi 11 juillet. Ces actes ont plongé la ville dans la psychose. Le dernier braquage, survenu le vendredi soir au quartier Salama, dans la commune de Kamalondo, a coûté la vie à un cambiste bien connu sous le nom de Tytyne, abattu d’une balle dans la tête. Une importante somme d’argent aurait été dérobée par les assaillants.
La mairie appelle à la vigilance et la solidarité citoyenne face à cette menace sécuritaire croissante, tout en rassurant que toutes les mesures sont prises pour ramener la paix et la sécurité dans la capitale cuprifère.
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« Emmenez des entreprises canadiennes ici ! Envoyez-moi des PDG canadiens ! Nous pouvons leur donner des contrats ! », assure Willy Manzi.Il projette un voyage au Canada pour chercher des appuis au sein du gouvernement et du milieu des affaires.”Le Canada a plusieurs raisons de marcher avec nous” ajoute le vice -gouverneur du M23.
Willy Manzi a pris ses aises dans la luxueuse résidence officielle du vice-gouverneur, où ses gardes fouillent minutieusement les visiteurs, confisquant les appareils électroniques avant de les laisser entrer. Pour l’instant, sa femme et ses enfants demeurent au Québec, dans la modeste maison jumelée qu’il possède à Gatineau.
Son parcours illustre le flou entourant ce que le Canada est prêt à tolérer de ses citoyens, lorsqu’il est question de participer à des mouvements insurrectionnels armés ou de renverser des gouvernements étrangers. Les autorités canadiennes sont, par exemple, intervenues récemment pour arrêter un Québécois qui fomentait un coup d’État armé en Haïti, mais elles ont laissé tranquilles les leaders canadiens de la rébellion congolaise, malgré des condamnations officielles d’Ottawa.
Willy Manzi a quitté la RDC dans les années 1990, à l’âge de 8 ans, pour fuir les violences interethniques. Après avoir vécu dans différents camps de réfugiés, il est arrivé au Canada en 2013 et s’est établi dans la région d’Ottawa, où il a obtenu l’asile politique et la citoyenneté. « Le premier passeport que j’ai tenu dans mes mains était canadien », se souvient-il.
Il a travaillé comme gardien de sécurité au Musée des beaux-arts du Canada et à la Banque Scotia, puis en informatique, tout en s’impliquant dans des organismes canadiens de promotion de la paix et de lutte contre la pauvreté. Sur les réseaux sociaux, il affiche sa photo avec le général à la retraite Roméo Dallaire. Il dit avoir déjà rencontré des fonctionnaires fédéraux pour les sensibiliser au sort de la communauté tutsie en RDC.
Durant tout ce temps, il affirme ne jamais s’être habitué à l’alimentation nord-américaine. « La poutine, ce n’est pas de la nourriture, c’est juste quelque chose pour te faire grossir », lance-t-il avec dépit.
Graduellement, il a commencé à mobiliser la diaspora en faveur du M23, qui multipliait les victoires militaires en RDC contre le gouvernement, les Casques bleus de l’ONU, ainsi qu’une force multinationale de pays africains déployée pour freiner la rébellion
À titre de vice-gouverneur de la province du Nord-Kivu, M. Manzi est au cœur de ce nouveau pouvoir qui rêve de négocier des ententes avec les grandes puissances concernant les richesses immenses du pays, dont les minerais critiques utilisés dans la fabrication de téléphones intelligents, de voitures électriques et d’ordinateurs. C’est là que le vice-gouverneur du M23 veut le rôle du Canada dans des négociations sur les minerais stratégiques.
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Selon l’agence de presse britannique, cette exigence peut heurter la position du #Rwanda, qui justifie sa présence militaire par la menace que représentent les groupes armés opérant depuis la RDC, en particulier les Forces démocratiques de libération du Rwanda (#FDLR). Le gouvernement rwandais nie cependant tout soutien direct au #M23, groupe rebelle accusé par l’ONU et plusieurs pays occidentaux d’être une extension militaire rwandaise dans l’est congolais. Pourtant, d’après des analystes et diplomates consultés par Reuters, entre 7 000 et 12 000 soldats rwandais seraient actuellement déployés aux côtés du M23, qui a récemment conquis plusieurs grandes villes dans une avancée rapide.
Les États-Unis, qui souhaitent stabiliser cette région stratégique riche en minerais essentiels tels que l’or, le cobalt, le cuivre, le tantale et le lithium, espèrent attirer des milliards d’investissements occidentaux. Massad Boulos, conseiller Afrique de l’administration Trump, a déclaré à Reuters en mai dernier que Washington espérait finaliser un accord dans un délai de deux mois, un calendrier ambitieux compte tenu de la complexité historique des tensions issues du génocide rwandais de 1994.
Le projet américain, apprend-on, dépasse la déclaration de principes signée en avril dernier à Washington par les ministres des Affaires étrangères des deux pays. Il prévoit la création d’un mécanisme conjoint de coordination sécuritaire incluant des observateurs militaires étrangers pour traiter notamment la question des milices hutu rwandaises encore actives en RDC. Ce dispositif vise à rassurer Kigali tout en imposant des conditions strictes à son engagement militaire.
Le texte suggère également que la RDC accepte d’inclure le M23 dans un dialogue national, au même titre que d’autres groupes armés non étatiques. Une concession majeure pour Kinshasa, qui considère toujours le M23 comme une organisation terroriste et refuse toute forme de normalisation.
Du côté congolais, la position est catégorique. Un haut responsable de la présidence de Félix Tshisekedi a affirmé à Reuters que « le retrait total des troupes rwandaises est un préalable non négociable » à la paix. Le Rwanda n’a pas encore officiellement réagi au projet américain, mais son ministre des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a confirmé la tenue imminente de discussions techniques de haut niveau à Washington avec des experts congolais.
Parallèlement, le Qatar continue sa médiation avec des négociations directes entre Kinshasa et le M23. Toutefois, selon un responsable rebelle cité par Reuters, les progrès restent limités et un accord sur le retrait des zones occupées demeure incertain. Le projet américain insiste que le Rwanda devra « prendre toutes les mesures possibles pour s’assurer que le M23 se retire du territoire qu’il contrôle », conformément aux engagements pris à Doha.
Alors que le risque d’un conflit régional plus large plane sur la région des Grands Lacs, la diplomatie américaine intensifie ses efforts, misant sur une pression économique et politique accrue pour obtenir un désengagement militaire rwandais, souligne l’agence de presse Britannique.
Christian Okende
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#RDC : Pour Fayulu, le «Camp de la Patrie» incarne le refus de la complicité face à la balkanisation du pays.
Dans un climat marqué par les inquiétudes croissantes sur l’unité nationale, Martin Fayulu a clarifié ce lundi 9 juin 2025 les contours de son initiative baptisée «Camp de la Patrie», proposée récemment au président Félix Tshisekedi lors de leur rencontre à la Cité de l’Union africaine.
Réagissant aux débats suscités au sein de l’opinion publique, l’opposant congolais a expliqué que cette démarche vise à fédérer les Congolais autour des valeurs de souveraineté, d’unité et de résistance aux menaces de balkanisation.
«Le Camp de la Patrie est avant tout un état d’esprit. Il incarne la conviction que la République démocratique du Congo est une, unie et indivisible. C’est le respect strict de la Constitution. C’est l’expression de la voix des Congolais qui refusent la soumission, la complicité et le silence face aux menaces réelles de balkanisation du pays», a-t-il déclaré.
Selon Fayulu, cette initiative appelle à la cohésion nationale au-delà des clivages politiques, ethniques ou régionaux, et repose sur trois piliers fondamentaux : le patriotisme, la vérité et la justice.
Dans sa déclaration, il a également rappelé les responsabilités citoyennes que chaque Congolais devrait assumer dans le contexte de crise actuelle : Défendre avec fermeté l’intégrité territoriale et la souveraineté de la RDC, en s’opposant à toute forme d’agression ou de tentative de partition du pays ; Promouvoir la paix, la justice et la dignité nationale, quelles que soient les circonstances ; Dénoncer avec courage les complicités internes et les ingérences étrangères mettant en péril l’unité nationale ; Porter haut la voix du Congo sur la scène internationale, pour faire entendre la vérité et défendre les intérêts de la Nation.
Par cette initiative, Martin Fayulu tente de se positionner comme le porte-voix d’un sursaut patriotique face aux menaces pesant sur la République démocratique du Congo, dans un contexte sécuritaire et géopolitique de plus en plus préoccupant.
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Crise à l’Est : Fayulu dénonce la « trahison » de Kabila et appelle Tshisekedi au dialogue.
« Monsieur Kabila, aucune raison, même stratégique, ne saurait justifier une collaboration avec ceux qui déchirent notre pays », a martelé Fayulu. « Le seul chemin vers la rédemption de nos erreurs passées, c’est le dialogue, pas la compromission. Quittez Goma, cette ville martyre aujourd’hui occupée avec la complicité de forces ennemies. L’Histoire ne pardonne pas les trahisons, encore moins celles faites à la patrie. »
Dans la même lancée, Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et actuel coordinateur de l’AFC, a lui aussi été pris à partie. Fayulu l’accuse de complicité dans les violences en cours à l’Est du pays : « Monsieur Nangaa, je vous en conjure : cessez d’être complice des massacres de nos frères et sœurs. Le sang congolais ne peut plus couler avec votre complicité. Aucune ambition ne justifie la souffrance d’un peuple entier. »
Une main tendue à Tshisekedi
Dans un geste inattendu, Martin Fayulu a également tendu la main au président Félix Tshisekedi, se disant disposé à engager un dialogue direct, sans condition préalable. Il évoque un acte de patriotisme, bien loin d’un calcul politique : « Non pas pour une faveur, mais pour une discussion sincère, sans faux-semblants, afin de trouver une issue digne à cette crise existentielle.»
Cette ouverture marque un changement de ton notable de la part de Fayulu, longtemps critique de la légitimité de Tshisekedi et jusqu’ici farouche opposant à toute forme de rapprochement, y compris lors des précédentes initiatives de dialogue national.
La présence de Joseph Kabila à Goma, épicentre du conflit actuel, continue de faire couler beaucoup d’encre. Depuis le 29 mai, l’ancien chef de l’État mène une série de consultations citoyennes dans une ville désormais sous contrôle du M23, mouvement rebelle soutenu par Kigali. Kabila affirme vouloir «œuvrer pour la paix», une intention qui laisse sceptiques de nombreux observateurs.
Ces rencontres, tenues avec des chefs coutumiers, des leaders religieux et des représentants de la société civile, interviennent dans un contexte explosif. Le gouvernement l’accuse ouvertement de trahison, de crimes de guerre et de soutien à la rébellion, et a levé son immunité parlementaire en mai dernier. Des documents et témoignages recueillis par les autorités le lieraient directement au M23.
Dans un discours prononcé le 23 mai, Joseph Kabila a dénoncé une gouvernance autoritaire et corrompue, tout en proposant un «pacte citoyen» en douze points pour rétablir la paix. Mais derrière ce discours de réconciliation, beaucoup voient une tentative déguisée de retour sur la scène politique nationale.
Pour certains analystes, cette initiative constitue une provocation directe à l’égard du régime en place, tandis que d’autres y voient une opportunité, certes controversée, de médiation.
Le gouvernement congolais n’a pas encore officiellement réagi à cette visite, mais la tension est palpable. La communauté internationale, notamment les États-Unis, suit de près l’évolution de la situation dans l’Est du Congo, craignant une escalade du conflit et une remise en cause des efforts de paix en cours.
Entre accusations de haute trahison, appels au dialogue et manœuvres politiques, la crise congolaise semble entrer dans une phase critique. L’avenir de la région dépendra désormais de la capacité des acteurs nationaux à surmonter leurs antagonismes au profit d’un véritable sursaut patriotique.
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Kamoa-Kakula, la mine géante de cuivre plongée dans le flou : que cache Ivanhoe ?
La mine géante de Kamoa-Kakula en #RDC est partiellement à l’arrêt après un séisme et des inondations. Dégâts majeurs, versions contradictoires entre Ivanhoe et Zijin, retrait des prévisions 2025 : une crise opaque frappe l’un des plus grands sites de cuivre au monde.
La République Démocratique du Congo est une nouvelle fois au centre de l’attention mondiale, non pas pour sa promesse minière, mais pour le silence assourdissant qui entoure la crise frappant Kamoa-Kakula, l’un des plus importants complexes cuprifères de la planète.
Le 18 mai dernier, un séisme souterrain provoque de graves inondations dans les galeries de la mine de Kakula, forçant son exploitant canadien Ivanhoe Mines Ltd. à suspendre temporairement les opérations. Le ton se veut rassurant, mais rapidement, le doute s’installe.
Le co-actionnaire chinois Zijin Mining affirme qu’un effondrement de toiture a eu lieu, que des installations critiques sont touchées, et que la production annuelle sera impactée. Ivanhoe rétorque qu’il n’y a aucune preuve de telles destructions, mais dans le même souffle, retire discrètement ses prévisions de production 2025, estimées entre 520 000 et 580 000 tonnes de cuivre.
Ce retrait sème le trouble. Et pour cause : Kakula représente à elle seule 70 % de la production actuelle du complexe, selon la banque Citi. La mine souterraine pourrait rester à l’arrêt jusqu’à la fin de l’année, estiment plusieurs analystes. À l’échelle mondiale, cela signifierait jusqu’à 275 000 tonnes de cuivre en moins, un choc qui suffirait à effacer le surplus mondial anticipé pour 2025.
Sur le terrain, la situation semble plus grave qu’annoncé. Des visiteurs rapportent que d’immenses volumes d’eau ont envahi les galeries et que les travailleurs ne peuvent plus y accéder. Ivanhoe confirme que des câbles électriques, des tuyaux et des systèmes de pompage sont endommagés. La compagnie pompe actuellement 1 000 litres d’eau par seconde dans la section ouest et tente d’atteindre 3 000 litres pour stabiliser le site. Mais aucune information ne filtre sur la section est, là où Zijin signale des dégâts structurels majeurs.
Le contraste entre les versions canadienne et chinoise nourrit la confusion. Les installations de surface fonctionnent encore, tout comme les activités sur le site de Kamoa, mais le cœur productif du complexe est à l’arrêt. Et pendant ce temps, le gouvernement congolais, pourtant actionnaire à 20 %, garde le silence. Aucun communiqué, aucun audit, aucune transparence sur l’état réel de cette mine censée porter le futur économique du pays.
Cette crise survient dans un contexte de pénurie mondiale de cuivre : le métal est au centre des efforts de décarbonation, indispensable à la fabrication de véhicules électriques, de réseaux électriques intelligents ou encore de pipelines d’eau. L’arrêt prolongé de Kamoa-Kakula affaiblit une chaîne d’approvisionnement déjà tendue.
Ironie du sort, Kamoa-Kakula, saluée comme l’un des projets miniers les plus réussis de la dernière décennie, pourrait devenir le symbole d’une gouvernance minière fragile, opaque et fragmentée. Ce projet porté par Ivanhoe et Zijin, né de l’ambition du milliardaire Robert Friedland, est aujourd’hui rattrapé par le manque de transparence, les intérêts divergents des actionnaires et l’absence de réponse étatique.
Ivanhoe promet un rapport d’évaluation dans les prochains jours. Mais la question est déjà ailleurs : qui contrôle vraiment le destin de cette mine stratégique congolaise ? Et pourquoi les Congolais sont-ils les derniers informés de ce qui se joue sous leurs pieds ?
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