Sud-Kivu : au moins 40 creuseurs artisanaux tués dans un massacre attribué à l’AFC-M23 à Karhembo.
Selon les informations recueillies, l’attaque a fait au moins 40 morts et 14 blessés. D’après plusieurs sources, le mobile serait d’ordre économique : les victimes auraient réclamé le paiement de près de cinq mois d’arriérés de salaire. Ces creuseurs travaillaient sur ce site sous la supervision directe de l’AFC-M23, qui exploite les ressources minières locales pour financer ses activités.
Pour justifier ces exécutions sommaires, les rebelles ont accusé les victimes d’appartenir aux « Wazalendo », des milices locales pro-gouvernementales, présentées comme infiltrées dans la zone. Une version rejetée par des témoins, qui évoquent des travailleurs non armés réclamant simplement leur rémunération.
Depuis ce drame, le site de Karhembo et ses environs sont plongés dans une psychose généralisée. Par crainte de nouvelles violences, de nombreux creuseurs artisanaux ont abandonné les lieux, affectant l’ensemble des exploitations minières environnantes.
Sous couvert d’anonymat, un acteur de la société civile décrit une situation préoccupante : « Plusieurs creuseurs ont quitté la zone pour des raisons de sécurité. Parallèlement, de nouveaux civils sont recrutés pour maintenir et sécuriser l’activité minière. »
Si le KST avance un bilan de 40 morts, certaines sources locales évoquent un chiffre inférieur, faisant état de 13 victimes. Quoi qu’il en soit, l’armée congolaise a condamné ces massacres de civils à travers un communiqué officiel.
La société civile dénonce, de son côté, l’instauration d’un climat de terreur. Ce drame illustre une nouvelle fois l’extrême vulnérabilité des populations civiles face aux enjeux liés à l’exploitation des ressources minières dans l’est du pays.
Goma & Bukavu Carnage de M23 on Umojja.com