L’heure du verdict a sonné, mais, les tensions montent d’un cran entre les partisans et les adversaires du prévenu Mutamba. Pour preuve, le parquet de Grande Instance de Kinshasa-Gombe a instruit, ce mardi 26 août, à la veille du verdict, la police judiciaire de rechercher et d’arrêter les personnes qui publient, sur les réseaux sociaux, des messages menaçants contre les magistrats ou incitant au trouble public, dans le cadre de l’affaire Constant Mutamba.
Selon ce document signé par le procureur de la République, Isofa Nkanga Edmond, plusieurs individus non identifiés utilisent des plateformes comme Facebook, WhatsApp, TikTok, X (ex-Twitter) et YouTube pour proférer des menaces et des propos jugés offensants à l’encontre d’agents du ministère public.
Tout compte fait, ce mercredi fatidique s’annonce sous haute surveillance à la Haute Cour. Les débats étant désormais clos, Mutamba risque d’écoper de dix ans de travaux forcés, peine requise par le ministère public. De son côté, la défense soutient qu’aucun élément ne justifie une condamnation de son client, connu pour ses réformes judiciaires et ses critiques qui l’ont, depuis plusieurs mois, exposé à l’ire des magistrats.
Au-delà des dix ans de travaux forcés, s’ajoute une décennie de privation d’accès à toute fonction publique après l’exécution de la peine. À cet effet, le ministère public a soutenu que Mutamba s’était permis de « désacraliser » le palais de justice en y organisant des meetings. Selon lui, le virement de près de 20 millions USD avait servi à financer un marché public jugé irrégulier, attribué à une « entreprise de façade ».
La défense rejette ces accusations en bloc. Selon elle, aucun dollar n’a été détourné dans le cadre du controversé marché de construction d’une prison à Kisangani, dans le nord-est de la RDC. Le fait que l’ex-ministre ait transmis l’ordre de paiement à l’Inspection générale des Finances et à d’autres organes de contrôle pour suivre le mouvement des fonds vers le compte de l’entreprise de construction constitue, selon la défense, une preuve de la bonne foi de Constant Mutamba.
Prenant la parole, Constant Mutamba a affirmé que cette procédure judiciaire avait pour seul objectif de l’écarter du gouvernement.
Tout porte à croire que Mutamba n’échappera pas au verdict de la Cour de cassation.

A nous le congo on Umojja.com