Le ministère des Finances est sorti de son silence face aux critiques entourant la réforme du système d’immatriculation et la mise en circulation des nouvelles plaques d’immatriculation sécurisées en République démocratique du Congo. Le ministère affirme vouloir « rétablir les faits » et dissiper ce qu’il qualifie de « confusions et d’allégations infondées », tout en réaffirmant son attachement aux principes de transparence, de bonne gouvernance et de protection des finances publiques.
Selon les autorités congolaises, cette réforme vise avant tout à mettre fin à l’anarchie qui caractérisait le système d’immatriculation en vigueur, marqué par l’absence d’un cadre contractuel clair et par de graves failles sécuritaires.
À en croire le ministère des Finances, ces dysfonctionnements auraient favorisé l’émergence d’un marché parallèle, avec la circulation de plaques portant des numéros identiques et la vente de plaques congolaises sur des plateformes de commerce en ligne à l’étranger. « Laisser perdurer une telle situation aurait constitué une faute grave », soutient-il, qui assure avoir agi pour restaurer l’autorité de l’État, renforcer l’identification des véhicules et sécuriser les recettes publiques.
D’après le ministère, la réforme du système d’immatriculation avait été initiée dès 2022, mais n’avait pas abouti en raison de contraintes techniques et juridiques.
Le ministère évoque notamment l’absence d’une étude de faisabilité exigée par la réglementation sur les partenariats public-privé, ainsi que des divergences persistantes entre les entreprises initialement pressenties. Face à cette impasse, le processus avait été interrompu avant d’être relancé dans un nouveau cadre légal, avec l’aval de l’Autorité de régulation des marchés publics. Le Gouvernement insiste sur le fait que cette décision visait exclusivement à préserver l’intérêt général.
Réagissant aux accusations de modifications techniques de dernière minute, le ministère des Finances précise que le dossier d’appel d’offres international a obtenu l’avis de non-objection de la Direction générale du contrôle des marchés publics. Les spécifications techniques retenues seraient similaires à celles prévues dans le projet initial de 2022, traduisant une continuité dans les choix de sécurisation et de traçabilité. Les trois entreprises préqualifiées à l’époque ont toutes été invitées à soumissionner, garantissant ainsi l’égalité de traitement entre les candidats.
Il rejette par ailleurs toute accusation d’opacité ou de conflit d’intérêts. Il souligne que le projet figurait dans un plan de passation des marchés régulièrement approuvé et que le contrat a été validé par la Première ministre. Contrairement à certaines affirmations, il ne s’agit pas d’un marché de gré à gré, mais d’un appel d’offres restreint autorisé par la Direction générale du contrôle des marchés publics. Les attributaires, précise le ministère, ont été sélectionnés avant l’entrée en fonction de l’actuel ministre des Finances.
Sur le plan financier, le ministère dénonce une confusion entre le coût industriel de fabrication et la structure globale des prix. Contrairement au montant de 30 dollars évoqué dans certaines critiques, la quotité de 65 dollars comprend, selon le Gouvernement, la marge du fournisseur, les coûts logistiques, le transport ainsi que les services connexes liés à la sécurisation du système. Il est également précisé qu’aucun intermédiaire privé n’intervient dans le montage financier et que la part revenant au Trésor public a été revalorisée de 14,3 %.
Autre élément mis en avant : le prix de la plaque d’immatriculation, resté inchangé pendant plus de dix ans, connaît une baisse, passant de 120 à 115 dollars. Une nouvelle réduction à 105 dollars est annoncée à partir de 2027, tout en prévoyant une augmentation des recettes de l’État. Le ministère précise enfin que le remplacement des plaques n’est pas obligatoire pour tous les véhicules dans l’immédiat. Une période transitoire d’un an est prévue, durant laquelle les anciennes plaques demeurent valables.
Tout en se disant ouvert à des audits et à un dialogue constructif, le ministère des Finances invite l’opinion publique à consulter les documents officiels relatifs au marché des plaques d’immatriculation. Il appelle la population à la sérénité et à s’informer par les canaux officiels, estimant que « l’accès aux faits et aux documents constitue la meilleure base pour un débat public responsable ».
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