ÉDITO SPÉCIAL — Goma : quand une humanitaire devient une cible
À Goma, derrière la version officielle d’une prétendue attaque de drone, une question de plus en plus troublante se pose : et si la véritable cible n’était pas militaire, mais humaine… et gênante ?
Selon plusieurs sources locales concordantes, l’humanitaire française Karine Buisset, collaboratrice de l’UNICEF, travaillait depuis plusieurs semaines à documenter les crimes commis contre les enfants dans les zones occupées par la coalition RDF–M23.
Son enquête, discrète mais méticuleuse, aurait permis de rassembler des éléments particulièrement sensibles :
violences graves contre des mineurs,
destruction d’écoles et d’infrastructures éducatives,
exactions commises dans les zones sous contrôle rebelle.
Autant d’informations explosives qui, si elles étaient rendues publiques, pourraient exposer au monde entier la réalité des crimes commis dans les territoires occupés.
C’est précisément là que le doute s’installe.
Car depuis la mort de l’humanitaire, une version s’est rapidement imposée dans certains récits : celle d’une attaque attribuée aux FARDC.
Mais pour de nombreux observateurs, cette explication soulève davantage de questions qu’elle n’apporte de réponses.
Pourquoi une humanitaire enquêtant sur les crimes contre les enfants serait-elle soudainement prise dans une frappe militaire ?
Pourquoi cette version est-elle apparue si rapidement, avant même toute investigation indépendante ?
Une hypothèse de plus en plus évoquée par certains analystes est bien plus inquiétante :
l’élimination ciblée d’une témoin gênante.
Si les informations qu’elle collectait mettaient en cause les forces présentes dans les zones occupées — notamment le M23 et les éléments rwandais — alors sa disparition pourrait aussi signifier la disparition de preuves compromettantes.
Car dans les conflits modernes, la guerre ne se mène pas seulement avec des armes.
Elle se mène aussi contre la vérité.
Faire taire un témoin, brouiller les responsabilités, fabriquer un récit alternatif : ce sont des méthodes bien connues dans les zones de guerre où les crimes doivent rester invisibles.
La mort de Karine Buisset soulève donc une question majeure pour la communauté internationale :
Qui avait réellement intérêt à faire taire une humanitaire qui documentait les crimes contre les enfants ?
Si les faits évoqués se confirment, il ne s’agirait plus simplement d’un incident de guerre.
Ce serait un crime double :
un crime contre une humanitaire,
et une tentative d’effacer la vérité sur les violences infligées aux enfants et au patrimoine éducatif dans l’est de la République démocratique du Congo.
Aujourd’hui, une seule chose est certaine :
la lumière doit être faite.
Car lorsqu’une enquête disparaît avec celle qui la menait, le silence devient lui-même suspect.
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